« Selon vous, quels termes définissent le mieux la relation entre Nicolas Sarkozy et les hauts fonctionnaires ? » : la « défiance » et le « mépris » sont arrivés en tête avec 56 % et 55 %. La « confiance » et le respect«  » ont recueilli 4 %, la « reconnaissance » 2 % →

« Je n’ai pas fait l’ENA pour ça ! » Dans l’intimité du restaurant Chez Françoise, repaire de hauts fonctionnaires à quelques pas de l’Assemblée, ce grand commis de l’Etat étale ses bleus à l’âme. « Vous ne me citerez pas ? », s’enquiert-il aussitôt. Dans son univers feutré, on ne se plaint pas publiquement. On sert, dans l’ombre, la machine étatique. Mais en privé, il ne mâche plus ses mots. « Désorganisation », personnels « désabusés », chefs de service « déboussolés », « perte de sens, de valeurs »… « La réforme de l’Etat a fait mal. Tout le monde s’y perd, personne n’y gagne et on fragilise le service public. » Rancoeur de placardisé ? Il a été promu récemment. Discours partisan ? Il est de droite.

(Derek Perrotte, Les Échos, 15 février 2012)